Espionnage : les soupçons d'Anne Lauvergeon

Publié le par Technofil

L'ancienne patronne d'Areva a reçu par pli anonyme deux documents tendant à prouver qu'elle et son mari ont été espionnés. Le commanditaire « ne peut logiquement que se trouver dans le périmètre du groupe Areva », estime un de ses proches.

Ecrit par
Thibaut MADELIN
Thibaut MADELIN

La question est posée depuis la révélation mercredi par « Le Canard enchaîné » de l'affaire d'espionnage concernant Anne Lauvergeon et son mari Olivier Fric : qui a pu commander et financer cette enquête ? La plainte contre X déposée lundi par l'ex-patronne d'Areva et son époux, notamment pour violation de secret professionnel et abus de biens sociaux, laisse peu de doute sur les soupçons des plaignants.

 

Selon un proche d'Anne Lauvergeon, « le donneur d'ordres ayant commandité et rémunéré le rapport ne peut logiquement que se trouver dans le périmètre du groupe Areva ». Etant donné les procédures de validation des achats de l'entreprise, le commanditaire devait être assez haut placé, estime-t-elle. De façon très inédite, des dirigeants d'Areva auraient donc fait espionner leur patronne. Interrogé, le groupe nucléaire a refusé de commenter.

 

Les soupçons reposent sur deux documents qu'Anne Lauvergeon a reçus par pli anonyme le 12 décembre : une proposition d'enquête « strictement confidentielle » et un rapport résumant le travail du cabinet suisse d'intelligence économique Mario Brero, qui n'a pas donné suite à nos appels. Or la proposition datant du 11 mars dernier porte sur cinq missions toutes liées aux activités minières du groupe nucléaire.

 

La plus importante est celle relative à l'acquisition controversée d'UraMin, sur laquelle la nouvelle direction d'Areva vient de passer 1,5 milliard d'euros de provisions. Le document évoque un budget initial de 50.000 euros pour la réalisation d'un « "due diligence" exhaustif de toute personne, physique et morale, impliquée ou soupçonnée d'avoir joué un rôle et bénéficié de manière illégitime du rachat d'UraMin par Areva en 2007 ». Sans que cela soit écrit, il s'agissait de vérifier les soupçons selon lesquels l'époux d'Anne Lauvergeon aurait pu agir comme intermédiaire dans ce dossier et s'enrichir sur le dos de la société.

 

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/energie-environnement/actu/0201808823884-espionnage-les-soupcons-d-anne-lauvergeon-267161.php

Publié dans Economie

Commenter cet article

Le Mousquetaire des Mots 29/12/2011 11:08


Il ne fait pas bon avoir une position en vue... Cela excite bien des jalousies. Alors, tous les doutes sont permis, d'où des commanditaires qui ne font fort
de détourner les lois. Tout cela est très politique.

Technofil 31/12/2011 20:24



On ne voit cela qu'en France ...