1- Identité et biologie: les désillusions du gène
Le 26 juin 2000, Bill Clinton annonçait sur le perron de la Maison Blanche l'achèvement du séquençage du génome humain par un consortium international de laboratoires. La succession des quelque trois milliards de lettres chimiques –les nucléotides– constituant l'ADN de nos chromosomes était décrite. Ne restait plus qu'à en comprendre le sens. Après le temps du séquençage, venait celui du décryptage. La tâche serait longue, assuraient les biologistes, mais le plus dur était fait. Car l'ADN, c'était le grand livre de la vie. Le code-barres de chaque individu. Son programme spécifiant tout ce qui lui adviendrait.
L'idée de cette série est née du triste débat de l'hiver dernier sur l'identité nationale. Les mots de corps (social), d'assimilation, de rejet... nous ont incité à aller voir du côté de la biologie, la science du vivant, ce que ces mots recouvraient, quels étaient les mécanismes en œuvre en dehors des fantasmes rhétoriques. Par ce regard un peu oblique, en interrogeant la science sur la frontière entre le moi et le nous et l'interaction entre moi et les autres, on constate que les plus récentes recherches peinent à définir, de façon indubitable, ce qui fonde un individu.
Ces enquêtes démontrent que ce que l'on dit être soi... ne va pas forcément de soi et qu'il ne faut donc pas trop compter sur la science pour dire ce qu'est l'identité. Elles ont été menées et écrites par Nicolas Chevassus-au-Louis, journaliste scientifique et auteur de plusieurs livres dont Après Darwin: la biologie, une science pas comme les autres, ou Un iceberg dans mon whishy: quand la technologie dérape. Sophie Dufau l'a accompagné pour les entretiens vidéo insérés dans les articles et dont vous pourrez retrouver l'intégralité sous l'onglet Prolonger des articles.
Voici le sommaire de cette série.
1- Les désillusions du gène
2- Ces autres qui sont en nous
3- Où s'arrête le moi?
4- Cet étranger que l'on fait soi
5- De l'identité biologique à l'identité nationale?