Attention à la pénurie de compétences en logiciels libres
Le logiciel libre prend de l'ampleur et commence à grignoter les domaines jusqu'alors privilégiés des outils propriétaires. Pour accompagner ce secteur en plein essor (+ 66% en 2007 selon PAC), la communauté du Libre doit s'élargir. La Fédération nationale de l'industrie du logiciel libre (FNILL) parle d'un marché qui représente aujourd'hui 20 000 emplois en France, et qui emploiera plus de 60 000 personnes d'ici trois ans. Reste que, d'ores et déjà, start-up et entreprises de petite taille peinent à recruter des compétences dans cet univers très spécifique. LeMondeInformatique.fr a enquêté sur les difficultés de recrutement et les formations proposées.
Trois questions à Alexandre Zapolsky, président de la Fnill
(11/07/2008) - par Véronique Arène
la Fédération nationale de l'industrie du logiciel libre (FNILL) et PDG de Linagora, revient pour LeMondeInformatique.fr sur le recrutement de spécialistes de l'Open Source.
Lemondeinformatique.fr : Certaines TPE peinent à embaucher dans le secteur Open Source. D'autres ont du mal à retenir leurs équipes. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Alexandre Zapolsky : Le secteur de logiciel libre est celui qui connaît la plus grande vitalité. Début 2003, on ne comptait qu'une petite poignée d'acteurs. Depuis, 400 SS2L ont été créées en moins de trois ans. A l'heure où le marché de l'emploi autour de Linux et des logiciels libres est très compétitif, les petites structures n'ont pas toujours les moyens de pouvoir cibler des candidats potentiels. Aujourd'hui, les deux canaux les plus efficaces sont les 'job boards' et les offres d'emploi. Mais pour toucher un maximum de profils, les entreprises doivent explorer d'autres pistes parallèles, et penser notamment à nouer des relations avec les grandes écoles d'ingénieurs. Or, les structures jeunes ou celles de petite taille peinent à y faire leur place, dans la mesure où le terrain des grandes écoles est occupé par les grandes SSII.
On parle d'un sérieux déficit de la formation en France. Des mesures ont été prises pour combler ce retard ?
Des efforts doivent être faits pour pallier le sérieux retard pris par la formation initiale. Les cursus, trop généralistes, ne collent pas aux besoins actuels des entreprises. Seules quelques grandes écoles, parmi lesquelles l'Epita, l'Epitech ou Supinfo notamment, proposent des contenus adaptés.
