Le système Morandini : Tant pis pour la déontologie ?
LE FIL TéLéVISION - Chassé de TF1 en 1997, l'animateur populo prend sa revanche : Web, Europe 1, Direct 8, presse écrite, il est partout, se posant en expert de la télé. La déontologie en prend un coup, mais le style plaît… Journaliste, Jean-Marc Morandini ? “C’est compliqué”, comme il dit. En tout cas, c’est une entreprise très rentable.
Début août, Jean-Marc Morandini a passé un savon à l'AFP. La prestigieuse agence de presse lui aurait chipé une info sur son blog, jeanmarcmorandini.com. Un « geste très peu confraternel », déplore l'animateur. Car Morandini est fier de ses scoops. Entre résultats d'audience et déclarations de pdg, son site d'actu « médias » regorge d'exclusivités qui, de clic en clic – « Secret story : découvrez la vidéo très sexy d'Alice », « Premiers câlins sous la couette », « Ile de la tentation : le bain sexy et torride de Lindsay » –, en ont fait une véritable référence dans la profession – le « meilleur blog médias de l'année », selon le magazine Challenges. Morandini y croit, lui aussi. Le milieu de la presse peut trembler : « Nous enquêtons et recoupons des informations, même si cela doit déranger. [...] Bref, c'est du journalisme, au même titre que Le Canard enchaîné », écrit-il sur son blog le 9 juillet. Quand on connaît le site, on sourit. On s'interroge, aussi, sur ce subtil tour de magie qui consiste, pour Morandini, à faire passer l'animateur populo qu'il est pour l'expert qu'il n'est pas.
« Ne zappez pas ! » : c'est de cette formule devenue célèbre qu'il ponctuait son magazine Tout est possible, sur TF1, une chatouillante émission qui, de 1993 à 1997, faisait le point sur le retour du lancer de nains, les curés transsexuels ou le cocufiage de Stone par Charden. Aujourd'hui, on peut zapper : il est partout. Sur Europe 1 chaque matin, de 11 heures à 14 heures. Sur Direct 8, entre 18h45 et 19h45. Sur son blog, nuit et jour. Et dans Télé 7 jours et France-Soir, qui accueillent chaque semaine ses chroniques. Ejecté en 1997 par TF1 (alors « en quête de sens »), Morandini a pris sa revanche. Brisé par la télé, il s'est racheté par la radio... tout en parlant de télé. Une rédemption ironique, globalement saluée – même la très sérieuse France 5 a failli, avant l'été, lui confier une émission –, qui a rendu l'animateur gourmand. Après le chômage, c'est l'opulence : aujourd'hui, Morandini est salarié de Lagardère (qui possède Europe 1, mais aussi Virgin 17, MCM, Hachette...), Bolloré (Direct 8, mais aussi Direct soir ou Matin plus), avec une émission télé produite par le géant Endemol (Secret story, Star academy...). Pour qui se dit franc-tireur, l'exercice est kamikaze.
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