Jacques Attali muscle son soutien à la licence globale contre Hadopi
Alors que doivent s'ouvrir en fin d'année les Assises de la création, et les discussions sur la rémunération des auteurs souhaitées par Frédéric Mitterrand, Jacques Attali prend les devants et conseille aux auteurs d'éviter toute alliance entre les FAI et les majors qui leur serait préjudiciable. Dans une longue interview à Libération, il défend un mécanisme de licence globale géré par les sociétés d'auteur, au profit des créateurs. Et fustige une nouvelle fois la loi Hadopi, qui ne répond selon lui qu'à une logique politicienne erronée.

On ignore rien de l'attachement de Jacques Attali à la licence globale, et de son hostilité la plus vive à l'égard de la répression du téléchargement illégal. La première fois qu'il en a fait part publiquement, c'était à l'occasion d'une conférence donnée à un parterre de cadres de l'industrie du disque au Midem de janvier 2007, à Cannes. Il plaidait alors pour la gratuité d'usage de la musique, comme il l'avait prédit dans un ouvrage (Bruits, Fayard) paru en... 1977.
Lorsqu'il a été voté au Sénat un texte permettant aux sociétés d'ayants droits d'obtenir l'identité des P2Pistes à partir de leur adresse IP pour les poursuivre, il avait dénoncé, en 2007, un "devoir de délation".
Chargé par Nicolas Sarkozy de proposer des mesures destinées à libérer la croissance, Attali avait écrit dans son rapport que "la mise en place de mécanismes de contrôle des usages individuels (filtrages généraux, dispositifs de surveillance des échanges) constituerait un frein majeur à la croissance" dans l'industrie culturelle. Il plaidait, déjà, pour une "contribution" versée par les FAI aux sociétés d'ayants droit.